Black Movie
Festival international
de films indépendants
Genève
19-28.01.18

Tables rondes et conférence

Trois tables rondes, une conférence et une rencontre ! Une nouvelle fois, certaines des réflexions nées dans les salles obscures donneront lieu à des échanges plus approfondis. La section Mauvais genre, avec son volet rétrospectif et son volet actuel, sera l’occasion d’une interrogation sur l’existence et la définition d’une éventuelle esthétique queer. La question de la violence faite aux femmes, thématique traversant nombre de films programmés, fera l’objet d’une seconde table ronde. Enfin, le film Le jour se lèvera et son questionnement sur les liens entre religion et maladie psychique sera l’occasion d’une troisième table ronde.
Mrs. Fang de Wang Bing pose très frontalement la question de la mort et de son acceptation et fera l’objet d’une conférence par un éminent anthropologue, et des nouvelles de l’état du cinéma au Burkina Faso seront l’occasion d’une rencontre conviviale.

Le Ciné Guimbi dans le paysage du cinéma burkinabè

Xanadu, Cercle des Bains
dimanche 21.01.2018
18h30
entrée libre

Rencontre avec Berni Goldblat, réalisateur (Wallay) et porteur du projet Ciné Guimbi, et Joël Akafou, réalisateur (Vivre Riche).
Modération : Michel Amarger (critique cinéma)

Bobo-Dioulasso, 1 million d’habitants, est la seconde ville et la capitale culturelle du Burkina Faso, pays phare du cinéma africain et panafricain. Pourtant, cette ville ne dispose plus de salle de cinéma en fonction. Pour lutter contre cette fatalité, une association a lancé en 2013 le projet de sauvetage du mythique Ciné Guimbi, fermé depuis 2003.

Deux salles sont prévues sur le site de l’ancien cinéma. Pour cela, l’association a levé des fonds et une incroyable chaîne de soutien internationale comprenant nombre de prestigieux festivals de films s’est mise en place. Le projet a pu se développer et la première salle de cinéma devrait voir le jour prochainement ! La recherche de fonds continue…

Le réalisateur helvético-burkinabè Berni Goldblat est porteur de ce projet à vocation culturelle, sociale et éducative. Après plusieurs documentaires, il a réalisé Wallay, long métrage de fiction présenté au festival.

Une rencontre avec Berni Goldblat et Joël Akafou permettra, d’une part, de parler de leurs films, d’autre part, d’esquisser les contours des défis de production, réalisation et diffusion de films au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest. Le Ciné Guimbi pourrait-il devenir un catalyseur de distribution et de diffusion ?

Y a-t-il une esthétique queer ?

Fonction:Cinéma
lundi 22.01.2018
19h
entrée libre

Table ronde avec : Nick Rees-Robert, Professeur en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 ; Anahita Ghazvinizadeh, réalisatrice (They) ; João Pedro Rodrigues, réalisateur (O Fantasma) ; João Rui Guerra da Mata, réalisateur (O Que Arde Cura) ; John Badalu, producteur, militant LGBT.
Modération : Antoine Bal

« L’expression anglaise queer signifie « bizarre, étrange, suspect, pédé, cinglé ». Si elle sert à l’origine d’injure envers les personnes de genres ou de sexualités sortant des cadres de l’hétéronorme, le mot fait ensuite l’objet d’une réappropriation par les minorités sexuelles elles-mêmes pour devenir un outil de lutte en soi, de fierté déviante, d’autodétermination et de positionnement politique contestataire ou encore d’échappatoire à la pensée dominante hétéronormative.

Les pratiques et discours queer - qu’ils soient académiques, culturels ou intimes - proposent ainsi d’autres possibilités d’existence. Quels rôles jouent les productions culturelles - dont le cinéma - dans la représentation des histoires, des individualités queer ? Est-ce qu’au-delà du contenu des films, les aspects formels ont une fonction disruptive? Y a-t-il, au fond, une esthétique queer ? A-t-elle une fonction performative sur le réel ? Peut-on - doit-on même ?- parler de cinéma queer, et classer des films sous ce « label » ?

En convoquant quelques films de la section Mauvais genre rétroqueer 18+, et une histoire des minorités sexuelles et de genre au cinéma, les intervenants seront invités à échanger sur ces questions. » Antoine Bal

Avec le soutien de notre partenaire Aesop

Table ronde autour de la violence faite aux femmes

Fonction:Cinéma
mercredi 24.01.2018
19h
entrée libre

En présence de la Dre Caroline Dayer, experte des questions de violence et de discrimination, de genre et d'égalité ; Dieudo Hamadi, réalisateur de Maman Colonelle ; Marie-Josée Lacasa, psychologue spécialiste en psychothérapie, certifiée FSP dans l’aide aux victimes et la psychologie d’urgence.
Modération : Coline de Senarclens, chroniqueuse et militante féministe.

« Une femme sur trois est victime de violence dans le monde. Récemment, le hashtag #metoo a fait prendre conscience au monde que presque chaque femme a vécu un jour une situation de harcèlement. Ces violences structurelles traversent la société et les frontières et sont présentes partout. Nombre de films présentés dans le programme du Festival Black Movie abordent de près ou de loin ces questions : viols dans Ajji, Maman Colonelle, Kindil el Bahr et Silent Mist, ostracisation dans I Am Not a Witch, absence de place dans la société dans Les bienheureux, Love and Shukla ou encore Le jour se lèvera; et toute une section du festival est consacrée aux femmes qui luttent contre ces violences (Les résistantes).
Les situations de guerre, de précarité, de racisme, d’homophobie et de transphobie fragilisent davantage certaines personnes face aux pouvoirs sociaux. Ces situations doivent être aussi bien prises en compte dans les moyens d’action et la lutte pour s’y opposer que pour accompagner les femmes qui les ont vécues.

Lors de cette table ronde, nous souhaitons approfondir ces questions afin d’en comprendre les mécanismes et comment nous pouvons les combattre. » Coline de Senarclens

A visiter: http://www.acrimed.org/BalanceTonPorc-la-liberation-de-la-parole-sous

Avec le soutien de la fondation Emilie Gourd

Regarder la mort en face

Fonction:Cinéma
jeudi 25.01.2018
19h
entrée libre

Conférence de Yannis Papadaniel, chercheur en anthropologie à l’Université de Lausanne, à l’occasion de la programmation du film Mrs. Fang de Wang Bing.

« Combien de fois par jour, dans les sociétés industrialisées, une personne est-elle confrontée à la mort ? À la sienne et à celle de ses proches, de façon peu fréquente à moins d’imprévus, d’accidents ou de mauvaises nouvelles. On a retenu de ce fait, avéré et vérifié, la conclusion que le rapport à la mort ne se vit pour les occidentaux qu’à distance. Et lorsqu’elle « gagne » en proximité, la mort prendrait le statut d’objet problématique, voire tabou, dont les individus ne savent quoi faire. À distance pourtant, la mort est omniprésente : à travers l’actualité mais également par les produits culturels consommés quotidiennement. Paradoxalement, on a pu voir dans ce fait la confirmation de ce rapport problématique que les cultures occidentales entretiennent avec la mort, certaines analyses allant même jusqu’à évoquer une mort « pornographiée ». Et s’il en était tout autrement ? Et si cette omniprésence de la mort abordée le plus souvent à la troisième personne – puisqu’il s’agit le plus souvent de la mort des autres – n’était pas le signal que, partout et en tout temps, l’humain ne peut se débarrasser aussi facilement de la mort et qu’elle se situe inévitablement au cœur de son existence. » Yannis Papadaniel

Religion, cause ou remède aux maladies psychiques ?

Fonction:Cinéma
samedi 27.01.2018
18h
entrée libre

Table ronde en présence des Prof. Philippe Huguelet, responsable du secteur Eaux-Vives, Dpt. de santé mentale et de psychiatrie, Hôpitaux universitaires de Genève ; Prof. Jacques Besson, chef du service psychiatrie communautaire au CHUV, Lausanne ; Prof. Pierre-Yves Brandt, professeur et chercheur en psychologie de la religion à l’Université de Lausanne ; Gessica Généus, réalisatrice de Le jour se lèvera.

Quelle est cette « maladie de l’âme » qui ronge le peuple haïtien ? C’est à cette question que Gessica Généus tente de répondre dans son film Le jour se lèvera. Elle nous offre ainsi un regard sur son pays d’origine, Haïti, sur le truchement qui s’y opère, entre catholicisme, protestantisme et Vodou, et sur la manière dont ce peuple mobilise ces croyances pour faire sens de ce « mal » qui en affecte tant. A l’occasion de la projection du film et de la présence de la réalisatrice, nous proposons de discuter des rapports entre spiritualité et maladie psychique, de s’intéresser aux influences tant positives que négatives des croyances et des religions sur la santé mentale des individus.