Panier
Festival international de films indépendants
Genève
16– 25.01.2026

Délires orwelliens

Lorsque des forces du désordre, sous l’impulsion de personnages décomplexés et avides de pouvoir, commencent à dominer le peuple, des pays quittent le système démocratique reposant sur le pluralisme. « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde », écrivait Bertolt Brecht en 1941, mettant en garde contre les montées du fascisme. Museler les voix et les médias, enfermer les trublion·nes et détracteur·rices de la pensée unique, instaurer des lois au nom de la « sécurité d’État », installer durablement et parfois en douceur un système autoritaire : aucun pays n’est à l’abri de cela. Le mot « démocratie » perd alors le sens premier de son étymologie : le pouvoir du peuple.

Six chefs-d’œuvre issus de pays et d’époques différents exposent chacun une vision percutante de ce danger, avec pour point commun la mise en lumière des jalons qui ponctuent la vie et la mort d’une dictature.

Raoul Peck revient sur les dernières années de George Orwell et l’illustre à l’aune de la réalité du XXIe siècle dans Orwell: 2+2=5 ; Ten Years extrapole la lente mainmise chinoise sur Hong Kong ; No retrace la fin de la dictature de Pinochet ; Kin-dza-dza! montre les excès du totalitarisme réduit à sa plus simple expression ; La historia oficial raconte un éveil politique dans l’Argentine des années 80 ; et L’Incinérateur de cadavres décrit l’attrait ambigu et pervers de la pensée nazie.