Un beau et triste monde
On le sait, les fées qui se sont penchées sur le berceau du monde n’ont pas été bienveillantes, et les populations civiles qui habitent dans des régions malmenées en souffrent énormément. Par la main humaine le plus souvent, la destruction frappe. Au milieu de cette obscurité et du désespoir, des hommes et des femmes s’accrochent à l’amitié, à la famille ou aux arts pour conjurer un quotidien difficilement supportable.
À Cuba, pour subvenir aux besoins médicaux de son fils, un homme doit vivre dans la forêt et chasser le crocodile (Al oeste, en Zapata) ; à Medellín, en Colombie, une bande d’amis prend possession d’une caméra et se filme lors d’une virée nocturne frénétique (Barrio triste) ; à Gaza, en plein génocide, des jeunes s’expriment par la photographie, l’écriture, le chant ou le dessin pour trouver encore du sens à leur vie (From Ground Zero+) ; à Kaboul, Samim est tellement façonné par l’idéologie talibane que son plus beau rêve est de mourir en martyr (Kabul, Between Prayers) ; enfin, au Liban, le cinéaste Abbas Fahdel et sa famille reviennent après des bombardements pour constater les dégâts matériels et psychologiques (Tales of the Wounded Land).