La femme est l’avenir de l’homme (Hong song soo)

RETROSPECTIVE HONG SANG-SOO

Hong Sang-soo est un réalisateur dont le festival Black Movie suit avec un grand intérêt le travail. La Vierge mise à nu par ses prétendants avait été présenté en 2001, Turning gate a marqué les esprits à sa sortie en 2002 et 2004 a vu apparaître sur les écrans sa dernière œuvre La femme est l'avenir de l'homme.

Ses cinq long-métrages plongent dans la dernière décennie et livrent des hommes et des femmes à des jeux amoureux, passionnés et torturés. En prise avec leurs contradictions et leurs désirs, ils mettent avant tout à nu leur incapacité à exprimer des sentiments.

Formellement, chaque film joue avec des distorsions de l'espace-temps. Points de vue qui se contredisent et nous font perdre le héros du film pour mieux le rattraper plus tard, répétitions de scènes, chronologie mise à mal, le puzzle qui compose chaque film est en soi une recherche provoquant chez le spectateur plaisir et réflexion.

Minimaliste, poétique, surprenante, son œuvre occupe une place à part dans le cinéma coréen.


Résumés:

La femme est l'avenir de l'homme (Yeojaneun namjaui miraeda) Première suisse
Hong Sang-soo, fic, Corée du Sud, 2004, 90’, 35mm, vost fr
Désinhibés par l’alcool, un professeur d’arts plastiques et un cinéaste fauché plongent dans leur mémoire, leurs vieux rêves d’adolescents et leurs espoirs enfuis. La nostalgie aidant, les deux amis d’enfance partent ensemble à la recherche d’une jeune fille dont ils étaient tous deux amoureux quelques années auparavant. Mais, comme le dit un adage, les souvenirs ne se revivent pas, ils se retrouvent.
Bien que cette histoire trouve son origine dans le fameux vers d’Aragon (le titre), Hong Sang-soo a construit une chronique affective entièrement centrée sur le thème du passé. Avec des personnages qui se noient éperdument dans l’alcool et cultivent l’image de la femme idéale en espérant apaiser leur angoisse du temps qui file, le cinéaste reconduit son esthétique du fragment, son souci du détail et ses plans épurés qui ont fait la singularité de ses quatre films précédents. Une vision du mal-être coréen contemporain en forme de mélodie des regrets.
Bio 72, dim 20, 19h/ mer 23, 19h/ sam 26, 19h
MK2/France – T + 33 1 44 67 30 80 – F + 33 1 43 07 20 18 – birgit.kemner@mk2.com

La vierge mise à nu par ses prétendants (Oh! Soo jung)
Hong Sang-soo, fic, Corée du Sud, 2000, 126’, 35mm, vost fr
Employée dans une petite société de production TV, une jeune femme effacée se retrouve dans un triangle amoureux. À sa gauche, un cinéaste marié et père de famille dont elle se sent très proche. À sa droite, le meilleur ami du premier, un riche galeriste dont elle se sent très attirée. Une relation s’installe, sans cependant aller jusqu’au bout. Malgré l’insistance de ses deux prétendants, la jeune femme ne se donne que par morceaux pour protéger sa virginité.
Tourné en noir et blanc, construit sur un principe narratif sophistiqué (le récit suit des boucles qui reviennent sur elles-mêmes en spirale), le troisième film de Hong Sang-soo pousse très loin la tension sexuelle irrésolue. Et comme avec une équation dont on multiplierait progressivement les inconnues, il joue avec les détails pour modifier les perspectives de son histoire. Une chronique amoureuse en forme de labyrinthe, qui s’amuse élégamment avec la mémoire du spectateur.
Bio 72, dim 20, 21h/ dim 27, 16h30
ASC Distribution/France – T + 33 1 43 48 65 13 – ascdis@club-internet.fr

Le jour où le cochon est tombé dans le puits (Daijiga umule pajiinnal) Première suisse
Hong Sang-soo, fic, Corée du Sud, 1996, 115’, 35mm, vost fr
Un écrivain sans talent vit aux crochets d’une ouvreuse de cinéma qu’il n’aime pas. Son cœur bat pour une femme mariée dont le mari, un homme aisé mais malheureux dans son métier, soupçonne les infidélités sans pouvoir les empêcher. Petit à petit, de frustrations en impossibilités, le carré amoureux tourne à la débandade.
Métaphore explicite de Séoul au milieu des années 90, le premier film de Hong Sang-soo a immédiatement révélé l’étendue de son talent. Profondément marqués par trois décennies de dictature militaire, ses personnages appartiennent à une génération qui avait foi dans le changement, et dédiait sa jeunesse au combat social. Leurs illusions perdues, ils vivent maintenant au gré de leurs intérêts personnels et de leurs pulsions. En construisant un récit complexe sur un mode réaliste proche du documentaire, le cinéaste décrit avec minutie un sombre quotidien.
Bio 72, dim 20, 16h30/ jeu 24, 19h
ASC Distribution/France – T + 33 1 43 48 65 13 – ascdis@club-internet.fr

Le pouvoir de la Province Kwangwon (Kwangwon-do ui him) Première suisse
Hong Sang-soo, fic, Corée du Sud, 1998, 108’, 35mm, vost fr
Sans l’avoir prémédité, une jeune femme et un homme marié font le même voyage en montagne peu après avoir rompu l’un avec l’autre. Dans un lieu de villégiature près de Séoul où ils espèrent apaiser leur chagrin, ils se croisent sans se retrouver, et se perdent encore plus dans les vapeurs d’alcools, les rencontres stériles, et leur immuable solitude.
Un diptyque filmé avec distance et désenchantement. Les personnages viennent se purifier dans un site religieux, mais se comportent sans foi, et perpétuent l’absence de générosité qui mine leur vie. Le deuxième film du prodige coréen, qui confirme sa prédilection pour les récits en miroirs, sa maîtrise tranquille d’un style dépouillé, et sa manière implacable de placer le spectateur en observateur distant du vide sentimental.
Bio 72, sam 19, 16h30/ dim 27, 19h
ASC Distribution/France – T + 33 1 43 48 65 13 – ascdis@club-internet.fr

Turning gate (Saeng-hwai-eui bal-gyun) Première suisse
Hong Sang-soo, fic, Corée, 2003, 115’, 35mm, vost fr
En Corée du Sud, un comédien de théâtre sur le déclin rend visite à un vieil ami écrivain, qui lui présente une belle danseuse. Après une soirée très arrosée, sans savoir que l’écrivain a des sentiments pour elle, la jeune femme jette son dévolu sur l’acteur. Les rapports entre les deux hommes s'enveniment à mesure que la danseuse s'éprend de son nouvel amant de façon obsessionnelle. Jusqu’au moment où le comédien tombe amoureux d’une autre femme, rencontrée dans un train.
Malgré une narration moins complexe que ses films précédents, Hong Sang-soo poursuit sa quête d’un cinéma non linéaire où les silences, les non-dits et les longs plans larges rythment une observation délicate et précise des sentiments et des dérives de ses contemporains. Quatrième film du cinéaste coréen, ce chassé-croisé amoureux est son plus grand succès public et critique.
Bio 72, lun 21, 21h/ sam 26, 16h30/ dim 27, 21h
MK2/France – T + 33 1 44 67 30 80 – F + 33 1 43 07 20 18 – birgit.kemner@mk2.com